Le gouvernement s’est engagé à appliquer autant que possible le concept de gestion intégrée des eaux pluviales, afin de réduire le ‘tout au tuyau’. La gestion durable des eaux est en effet primordiale, et elle le sera encore plus avec les changements
climatiques. Il s’agit donc d’infiltrer autant que possible les eaux de pluie pour assurer
l’alimentation des nappes phréatiques et ne pas surcharger le réseau d’égouttage, mais aussi pour créer des îlots de fraîcheur, etc.

Le périmètre du plan d’aménagement directeur (PAD) Josaphat, d’une superficie totale de près de 33,72 ha, est à ce jour couvert de grandes surfaces perméables (friche herbacée et talus arborés), surtout dans la partie ouest du chemin de fer. Les surfaces imperméables ne représentent que 10 ha, soit un taux d’imperméabilisation de l’ensemble de la surface de 30 %. Or, le rapport d’incidences évalue qu’avec le projet de PAD, le taux d’imperméabilisation passerait à 70 %. Ceci aurait pour conséquence une diminution potentielle de recharge de la nappe, estimée théoriquement à
41.000 m³ chaque année.

De plus, la réalisation même du projet de PAD impliquerait que des quantités d’eau de pluie importantes – celles qui aboutiraient sur les constructions – arriveraient potentiellement dans le réseau d’égouttage, sans compter la consommation d’eau, etc. La production d’eaux usées, estimée à environ 174.000 m³/an, viendrait ainsi s’ajouter au problème d’imperméabilisation.

Le projet de PAD ambitionne de diminuer l’impact de l’imperméabilisation par la mise en place d’un réseau de récolte des eaux séparatif et par la présence d’ouvrages d’infiltration (noues, wadis…) qui favorisent le retour des eaux pluviales au sol et
évitent leur rejet dans les égouts. La mise en place de revêtements semi-perméables est également prévue, là où les contraintes du projet le permettent.

La volonté de mettre en place autant que possible des mesures permettant l’infiltration des eaux est très positive. Cependant, ces mesures sont-elles compatibles avec la perméabilité naturelle du sol ? Le rapport d’incidences mentionne qu’au sein du
périmètre du PAD, le potentiel d’infiltration est très bon dans la partie sud, au niveau des zones d’équipements sportifs, mais relativement limité sur le reste du terrain.

Ces mesures d’infiltration sont-elles également compatibles avec le degré de pollution du sol ? Plus précisément, les eaux de pluie vont être concentrées à certains endroits pour les faire infiltrer à travers le sol pollué. Or, le site est recouvert d’une couche
de scories. Cet afflux d’eau localisé ne risque-t-il pas de transporter des polluants vers les nappes phréatiques ?

La dépollution des zones d’infiltration est-elle prévue dans la mise en œuvre du PAD ?

Quelles mesures alternatives sont-elles envisagées pour ne pas réduire l’alimentation de la nappe phréatique et ne pas surcharger le réseau d’égouttage, s’il devait s’avérer que ces mesures d’infiltration ne sont pas possibles ou ne le sont que sur une partie du terrain ?

Le PAD prévoyait également la possibilité que l’exutoire final du réseau séparatif contenant les eaux de pluie soit dirigé vers le parc Josaphat, afin d’alimenter en eau ses étangs. À ce propos, une étude de faisabilité était annoncée dans la déclaration de politique régionale. Cette étude a-t-elle été réalisée ? Si oui, quel en est le résultat ?

Mon intervention complète et la réponse du Ministre ici:
http://www.parlement.brussels/weblex-quest-det/?moncode=146650&base=1&taal=fr

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